04 février 2009
"Aux champignons, il nous ferait porter le panier"
Ce matin, il l'a dit. Et c'était si juste!!
Le basque, l'hypocondriaque: 1/0.
(Petit rappel sur l'hyppocondriaque, "mon chouchou!!" pour ceux qui n'auraient pas suivi... A la fin de ce post)
"Aux champignons, il nous ferait porter le panier!"
Il y a des gens comme ça. Ils pourraient te demander la lune, tu commencerais à réfléchir à comment la décrocher. Collègues, amis, famille... Ils sont partout ceux là!
Pourquoi? Ben parce que c'est eux, et parce ce qu'ils savent comment le demander!
Ce sont généralement des gens très gentils, doux, à qui il arrive toujours quelque chose. Un petit malheur bien placé derrière les fagots ou un contretemps qui fait qu'ils auront forcément besoin de ton aide. On les plaint souvent un peu, même. Ils sont touchants. Ce sont des profils "aimés".
Leur façon de le demander? Plutôt variable: frontalement ou de biais.
Frontalement: c'est the big panique et ils ne s'en sortiront pas... A moins que tu sois là pour les aider! Alors tu es touché et tu voles à leur secours. Résultat des courses: tu ne leur tiens pas compagnie le temps qu'il ramasse les champignons (parce qu'il t'avait bien dit qu'il ne surmonterait pas le fait de rester seul dans une fôrêt...), NON, tu leur tiens le panier!!! Et t'en fais pas, pendant ce temps, ils gambadent peinards dans la forêt, et sans angoisse!
De biais: il sont souvent biaiseux finalement... Tout est dans l'art de suggérer. Car c'est un art! Il suffit juste de dire "Il faudrait...", juste suggérer, seulement comme ça, et prendre l'air ennuyé. Jouez, c'est gagné!
L'hypocondriaque, je l'adooore... Ca me fait beaucoup rire et j'en suis parfaitement consciente: aux champignons, il me ferait porter le panier!!
Et si tu leur dis, ils s'offusquent, tentent de t'expliquer qu'ils sont réellement ennuyés... Mon oeil! Allez, va, c'est bien parce que c'est toi!
Joséphine, pas dupe, mais couillonnée!
02 décembre 2008
Du côté de chez eux
A bien y réfléchir, cela fait un bon moment que je ne vous ai pas donné de nouvelles de mes chers collègues... Et Dieu sait qu'il y en a!!
Pof Pof Pof... The best!
Un livre des records à lui tout seul ce Pof Pof Pof... Ce matin encore, il me racontait que ce week end il était parti en Espagne, avait poussé sa nouvelle voiture à 220, parce qu'il y avait marqué sur le compteur 240 et qu'en rentrant il avait fait un crochet par Kiabi car c'est le seul endroit où il trouve des grandes tailles qui lui conviennent...
Mais pourquoi me dit-on tout ça??? A moi??? Qui ne demande rien... A part, gentiment (et sincérement, car je suis maintenant attachée à Pof Pof Pof!), Alors? Bon week end Robert?
Et puis du coup, j'ai même su qu'il avait eu 84 accidents de motos. Mais à la réflexion je n'ai pas bien compris s'il s'agissait d'accidents de motos et de voitures réunis ou séparemment. Si c'est séparemment, je n'ai pas eu droit au nombre exact d'accidents de voitures. En tout cas, je me suis retrouvée à lui dire, une fois de plus: 84??? (en me disant que ce n'était sûrement pas possible quand même!!) Ben c'est une chance de vous voir là alors!!
Je suis ouvert de partout a-t-il surenchérît en me montrant (pour la deuxième fois), par dessus ses vêtements (et ouf!!!) l'endroit ou il était recousu (c'est à dire tout le ventre!!). 94 points ils m'ont fait!! Ça a été plus fort que moi: j'ai fait Ahhhh!!! Et il a même touché ses cuisses en me disant qu'il avait des cicatrices plein les jambes. Pas possible, il veut m'impressionner me suis-je dit! Et en même temps, quand on le voit, on se dit que ça pourrait tellement être vrai...
Quand je suis revenue au bureau, avec mes hommes, j'étais pâlotte. Ils m'ont demandé si ça allait. Je leur ai sorti le "Pof Pof Pof en chiffres"... 84 accidents de la route (et peut être même plus si ceux de voitures ne sont pas compris) et 94 points de sutures à son actif...
Il est dans sa phase 80, Robert... En ont-ils conclu...
Les dégénérés du troisième... Ou plutôt Le Grand Dadet du troisième
Je ne vous parlerai que du grand C... qui me hurlait dessus dans l'ascenseur pour dire bonjour et me sifflait en disant "PAS MAL...". Les types de la repro... Rien à signaler!
Ben maintenant, avec Le grand Dadet (ça lui va bien comme petit nom), on est pote! On est pote depuis que je lui ai rendu un petit service. Je me suis vite rendu compte qu'il était plus bête que méchant.
Et pataud... Il gueule à tout va, et c'est naturel!
Il fait des bruit de bouche en permanence, se tient toujours de travers, ses lunettes sont toujours pleines de traces de doigts... Une plaie, mais pas méchant le type!
Donc je lui ai rendu service sur un truc tout bête. Il passait un examen, pour accéder à un poste supérieur et il cherchait à se documenter sur un point précis. Pour illustrer la situation: imaginez que je possède trois livres de cuisine de la collection Au fourneau. Un sur les desserts, un sur les soupes et un sur les pâtes. Il sait que j'ai des livres de cuisine dans mon bureau. Il voit, sur internet qu'à la page 61 du livre Au fourneau sur les desserts, il y a une recette de mousse au chocolat. Il souhaite la photocopier sur mon livre et l'apprendre. Il monte à mon étage, me demande s'il peut les utiliser, je lui dis oui, PRENDS LE PREMIER LIVRE SUR SON PASSAGE et photocopie bêtement la page 61 du bouquin des soupes, parce que c'était le bouquin des soupes qui était devant. Et il s'en va apprendre sa recette de soupe alors qu'il devait apprendre une recette de mousse au chocolat. Je ne me suis pas rendue compte de cela sur le moment et par la suite, quelqu'un m'a dit ce qu'il cherchait et là, j'ai tiqué! Je suis allée le voir en lui demandant s il ne s'était pas trompé de livre. Et là, il m'a fait de la peine. Il m'a dit peut être, que c'est vrai qu'il trouvait que ça ne correspondait pas trop... Enfin, j'étais super embêtée donc je suis montée lui photocopier la bonne page et basta! Ça m'a pas mal touchée et depuis, je l'aime bien. Et lui aussi car je lui ai amené la bonne page...
En ce moment, il est remonté car il a passé l'examen en question et il ne l'a pas eu. Il dit avoir répondu à 90% des questions. J'essaie de lui dire (gentiment) que si ça se trouve il a fait des fautes dans les réponses. Il veut engager un recours et prendre un avocat, il est très en colère. Je lui dis qu'il perdra beaucoup d'argent et d'énergie dans cette histoire, qu'il vaut mieux continuer à travailler pour l'année prochaine...
Enfin, bref, on est potes! Et quand je dois passer un coup de téléphone important et que je le vois arriver dans l'open space pour foutre une tête COMME CA à un de mes hommes, je lui dis clairement: vous vous taisez hein? Je passe un appel important alors je ne veux entendre personne hein? (en le regardant avec insistance!). Et il s'assied sur la chaise à côté et dit à mon voisin en chuchotant (mais fort!) elle téléphone (et ça le fait marrer)... Oui, tais-toi! Lui dit mon voisin. En fait, tout le monde le considère comme l'idiot du village. Il est si innocent... Ça me fait de la peine parfois.
L'imbécile heureux, mon boss et Le décomplexé (méritent même pas un paragraphe pour chacun d'eux...)
Eux, ce sont les méchants. Bouhhh Bouhhhh. Rien n'a changé, identiques à eux mêmes!
Chantal
Je ne lui parle plus. Je n'arrive pas à perdre les 4 kilos que je voudrais perdre donc nos conversations se limitent à Bonjour, Bonsoir et Bon week end.
Mes hommes
Je les adooore!! D'ailleurs, je me rends compte que je les appelle Les garçons.
C'est un peu bêbête mais c'est ce qui me vient. Attention, je n'appelle pas Les garçons tous les hommes du service! Non, seulement mes trois voisins d'open space. Leur âge? 28 ans, 44 ans (le basque) et 59 ans... Et je les appelle Les garçons... Et pourtant je vouvoie le plus âgé... Je n'arrive pas à le tutoyer (mais je n'ai vraiment pas le tutoiement facile!).
Évidemment, je ne les apostrophe pas telle une poufiasse qui arrive de la cafet' en disant Salut les garçons! NON. Je les appelle comme ça au détour d'une conversation, si je parle d'eux avec mon boss ou avec d'autres personnes (mais ça m'est déjà arrivé de le faire devant eux). Du genre Ben nous, avec Les garçons on préfère ouvrir le matin (ouais... On a des conversations passionnantes!). Je l'ai remarqué parce qu'un jour, ça a fait sourire mon boss (moqueur celui là!).
Quoiqu'il en soit, avec Les garçons je suis super bien! Je leur ai demandé si ça leur disait que j'achète un calendrier de l'avent pour l'open space. Avec des chocolats. Comme ça on ferait des tours: tous les 4 jours, chacun son tour chocolat! Et le lundi, et bien on décidera à qui on offre ceux du week end. Ils me tannent pour que je l'achète. Je vais le faire mais je ne veux l'amener que le 04 pour qu'on commence en beauté avec 4 chocolats chacun!
Mon chouchou!!
Je ne vous en ai jamais parlé. Je l'ai découvert sur le tard. Lui, il plane!! Il est dans l'open space d'à côté. Dans le service, tout le monde l'aime beaucoup ou... PAS. C'est étrange: il oscille entre le rôle de maître yogi et souffre douleur.
La cinquantaine (ou à peine moins) et je l'adooore! Il est à fond nourriture bio, est hypocondriaque, a des peurs, des phobies, a des théories sur la nourriture (à l'écouter on ne mangerait que de l'avoine)... Il a toujours peur, en mangeant, qu'après, ça le lui reproche (je ne connaissais pas cette expression avant et je la trouve si drôle!!! Je n'arrête pas de l'employer désormais!).
Mais à côté de ça, il est curieux comme un pot de chambre et aime goûter à tout ce que mangent les autres. Un peu pour braver l'interdit, ce qui lui est défendu... Comme s'il cherchait à se faire des frayeurs...
En gros, il ne devrait rien manger, le dis, donc culpabilise, fais une tête COMME CA à tout le monde, mais bouffe à tous les râteliers!! En ayant peur de mourir d'un oedème de quincke! Je crois que c'est sa femme qui lui a plus ou moins imposé ça (elle est nutritionniste) et chez lui, il ne mange pas grand chose! Et si sa femme cachée était Chantal? Non... J'y ai déjà pensé. En plus, ils ne s'entendent pas si bien que ça!
Dès que j'ai un truc de travers (mal de gorge, tête, allergie, contrariété...) je vais le voir et il me fait toujours un thé bio et on partage une pomme en discutant. La façon qu'il a de peler la pomme en parlant, de la couper en quartiers, en en prenant un pour lui, un pour moi, et en déposant délicatement les quartiers sur la table me fascine!! On discute médecine, relaxation, sophrologie (car il en fait et suit des cours). Il développe son magnétisme et a une petite clientèle. Une fois, il essaiera sur moi: ce jour là, je devrai m'habiller tout en blanc pour qu'il puisse bien travailler sur les énergies.
Aujourd'hui, il est rentré d'une semaine de congès où il était en stage de sophro. A peine arrivée, Les garçons m'ont prévenu qu'il était rentré et qu'il leur avait demandé si la petite n'avait pas trop eu d'allergies. Adooorable!!
Parce que je suis allergique à un produit d'entretien que la femme de ménage ne passe que toutes les trois semaines. J'ai passé une semaine comme un lapin qui a chopé la myxomatose.
Joséphine qui, finalement, se plaît bien au sein de sa nouvelle équipe. Parfois je pense au 6 mars, ma date de départ... Et je me dis qu'il me manqueront... :-(
29 novembre 2008
Ce traitre de marchand de sable est passé
Ca ne vous arrive jamais? Piquer du nez en réunion après le déjeuner?
Il m'était déjà arrivé d'avoir envie de dormir, de me sentir fatiguée... Mais hier après midi, pour la première fois, j'ai piqué du nez.
Une réunion avec deux personnes de mon service et une dizaine de personnes extérieures. Une réunion où les deux personnes de mon service devaient exposer un projet et répondrent aux questions des extérieurs. La réunion avait lieu dans la cantine d'une école. Nous étions tous assis sur des petites chaises bleues inconfortables autour de petites tables et j'ai trouvé le moyen de piquer du nez et de sombrer... Comme une m... Comme une m... car nous étions tous autour d'une table ronde et que je suis sûre que j'ai été démasquée. Ceux de mon service étaient à mes côtés, donc pas de risque de me capter. Mais les autres... Ceux d'en face...
Ces moments là sont terribles. Tu te sens fatigué, tu te dis que tu es sur la digestion, que ça va passer...
Et puis tu n'arrêtes pas de bailler. Et puis tu te sens mou. Tu sens que le marchand de sable est en train de t'apatter. Tes paupières commencent à être lourdes. Et là, tu commences à lutter: tu te dis que tu ne peux pas accepter! Qu'il ne te refourguera pas sa marchandise aussi facilement que ça! Tu commences à bouger, à croiser, à décroiser les jambes, à discrètement t'étirer, à te faire des auto-massages... Oui, j'ai appris à des cours d'expression corporelle: pour stimuler de l'énergie, il faut se masser le creux des mains et déglutir. Un bon moyen pour réveiller le corps en douceur... Même si là, la douceur n'est pas escomptée.
Et puis, il y a LE moment où tu ne peux plus rien faire, le marchand de sable est passé. Il t'as eu par les sentiments, il t'a peut être rappelé un mec que t'avais bien aimé, va savoir... En tout cas, il t'a bien roulé!
Sursaut, tu te réveilles! Car ça ne dure que deux secondes (enfin c'est l'impression que tu en as...). Là, t'es trop en forme, t'as même l'impression de n'avoir rien loupé: tu pourrais même taper le poing sur la table et dire "mais tout à fait!". Tu regardes ceux d'en face, tu n'as pas l'impression qu'ils t'ont capté et tu repars, en pleine forme... Pour deux minutes... Et là, rebelotte, le marchand de sable revient et te fait de l'oeil... L'enfoiré... Et ça marche... Tes yeux se baissent à nouveau, ta vue se trouble, tu fais le max pour garder les yeux ouverts, tu t'imagines avec des allumettes qui tiendraient tes yeux ouvert, tu saisis toutes l'utilité de l'expression... Et tu retombes dans les bras de Morphée.
Le plus mauvais, c'est qu'après chaque venue du marchand de sable, tu te dis que c'est bon, il a eu ce qu'il voulait, qu'il ne va pas repasser de si tôt... Et bien non! Qui aime bien châtie bien... Et je peux vous dire qu'hier après midi, il m'a sacrément bien aimé!
Et puis il est parti, sans crier gare, et je ne l'ai pas regretté!
Mais je suis rentrée très tôt chez moi, à 18h, je me suis couchée et je suis partie le retrouver. Il y a des jours comme ça, où quoique l'on fasse, la fatigue prend le pas. J'ai même cru qu'il allait me refaire son numéro de charme dans le métro!
Joséphine, plus reposée!
04 novembre 2008
Chantal
On a tous une collègue comme ça. Enfin, elle ne s'appelle pas forcément Chantal.
Chantal, elle, son dada, c'est la bouffe. Mais surtout pas la grande bouffe.
La cinquantaine, de taille moyenne, fine, plutôt jolie, bien apprêtée, qui sent toujours bon (ça doit être Dune son parfum), assez bavarde... Mais ce n'est tout de même pas une Brigitte. Allez savoir pourquoi... C'est ainsi. Quand on la voit, on ne se dit pas: tiens, si à cinquante ans je pouvais lui ressembler... Ca doit être l'effort: Brigitte, c'est dans l'effort, à la salle de sport, face à Julie la terrible, que je la rencontre. On est toujours plus admiratif d'autrui face à l'adversité... Et puis Chantal est moins jolie.
Donc, comme je vous le disais précedemment, Chantal adooore parler bouffe. Elle est hantée par la bouffe!
Mais elle ne vous parlera pas bons petits plats, sucreries ou gourmandises. NON: elle vous parlera calories, fruits, légumes et régimes! L'obésité. Ca aussi elle aime en parler.
C'est bien simple. Cinq jours après mon arrivée dans le service, je croise Chantal à la photocopieuse. Elle attendait un fax et j'attendais que la place soit libre. Je lui demande, par politesse si elle rentre de vacances (et oui, c'était la prériode... Alors pour faire connaissance...). Elle me répond que non, elle va les prendre et partir au Vietnam. Super, lui dis-je... Et vous? Me demande-t-elle. Je lui parle de l'Ecosse. Et là, elle me coupe net et commence à me parler nourriture: que c'est pas bon, dit-elle en faisant la grimace, que ce n'est pas équilibré...
Je ne la connaissais pas. Ses propos ne m'ont pas choqués. Il en faut pour tous les goûts... J'aime bien la nourriture anglaise, mais l'on ne peut pas dire que les anglais soient des pro de gastronomie et de repas équilibrés... Bref, je me suis dit qu'elle devait bien connaître, même si j'ai trouvé la conversation sur les apports nutritionnels des plats écossais un peu longuette: à peu près 30 minutes... Je vous rassure, le fax était arrivé!
Et puis par la suite, j'ai vite, très vite compris. Elle ne parle que de ça!! Ou alors des footings qu'elle doit aller faire.
Ca m'énerve!! Je suis super gourmande, j'ai tendance à culpabiliser, je ne fais plus beaucoup de sport et dès que je la vois, elle me branche sur le sujet!
Je n'ose même plus passer devant son bureau à l'heure du déjeuner. Je m'arrange pour passer de l'autre côté. Car sinon, elle m'alpague en me disant: Fais attention, qu'après, ça part dans les cuisses!!! Mais de quoi je me mêle!!! Et pensez que je ne lui ai même pas dit que j'étais gourmande (et oui, quand elle est branché calories, elle ne vous laisse pas en placer une!). Si elle le savait... qu'est ce que ça serait!!!!!!!!!!!!!!!!
Ce week end, je pars à Londres. De vendredi soir à mardi matin. Je le sais, je vais me gaver. Le sundae au fudge quadruple épaisseur de chez Mark and Spencer, je compte bien en manger AU MOINS un par jour, pour en profiter.
C'est dommage, parce que cette Chantal, je la trouvais sympathique au début.
Joséphine, essaie de faire un peu attention cette semaine parce que ce week end... A moi les sundae!!!!!!!!!!!!!!!!
Je suis sûre que Brigitte est au dessus de ça. Ca doit pas être le genre à rabacher à longueur de journée: Fais attention...
15 octobre 2008
C'est grave docteur?
Je remarque, depuis deux jours durant, que je commence à avoir un comportement à la limite du normal.
Certes, mais qu'est-ce que "le normal"????!! Enfin là, je vous assure, ça me flippe un peu.
L'ambiance dans laquelle je travaille déteindrait-elle sur moi?
Mais quand je dis déteindre, c'est comme si sur un fond rose venait se greffer un fond bleu... Ca ne deviendrait pas bleu, NON, mais violassé... En gros, j'essaie juste de vous dire que je n'ai toujours pas amené de brosse à dent sur mon lieu de travail et que je ne sors pas des toilettes en refermant aux yeux de tous ma braguette!!
Je m'explique.
Hier matin, j'ai eu un comportement plus qu'étrange. J'étais fraichement installée, en train de cheker mes mails de la matinée quand The big boss, dit Le décomplexé, arrive avec un grand sourire pour me serrer la main.
Je l'ai regardé, tout sourire, l'oeil extrêmement vif, et sans aucune préméditation, je vous assure que c'est vrai (!!!), mon sourire s'est transformé en un rictus et je lui ai ulcéré la main! Je ne plaisante pas! Ca ne m'était jamais arrivé auparavant. Il m'a tendu sa main, je l'ai prise et là, PAM (!!), pulsion. J'ai serré très fort et soudainement sa main entre l'implantation de son pouce et l'implantation de ses quatre autres phalanges. Un peu comme une strangulation...
Il s'est crispé. Mais ça n'a duré qu'une seconde.
J'étais trop mal après. Je me suis dit "Mais ça ne va pas??!! Qu'est ce que tu as fais???!!!"
Ce matin, il n'est pas revenu me dire bonjour...
Jo se surveille!
Surtout que je tiens à préciser que je n'étais pas particulièrement remontée contre lui (bien que je ne l'affectionne pas...)
... Acte gratuit...
12 octobre 2008
Une grande famille
A savoir: Le bureau, c'est parfois un peu comme une grande famille...
Et il y a un horaire critique au bureau: 14h. Tout peut arriver. Les gens reviennent du déjeuner, ont passé un bon moment, reviennent heureux... ou pas, et attaquent une autre partie de la journée. C'est une nouvelle phase de travail. Certains reprennent là où ils en étaient, sans broncher, mais d'autres éprouvent le besoin de se mettre en condition et de revenir sur une étape de "départ" pour attaquer l'après midi.
Plusieurs comportements sont observables, et je ne vous apprendrez rien: prendre une petite trousse de toilette pour se brosser les dents, ou se remaquiller, pour certaines, reprendre un café, prendre un chew-gum... Chacun son truc.
Cependant, deux comportements que je qualifierai d'EXTRA ORDINAIRES ont attiré ma curiosité.
Que dis-je!!
Ces comportements n'ont pas attiré ma curiosité! Il n'est question ni d'attirer, ni de curiosité. Deux moments, privés, du domaine de l'intimité se sont imposés à moi! Sans rien demander, sans aucune investigation, ni extrapolation (pour une fois!), j'ai partagé l'intimité de deux personnes, en toute impunité.
Et je vous avouerai que j'en suis encore toute émoustillée!!
Le premier comportement s'est révélé très tôt. Je n'en avais pas fait état car j'attendais un moment choisi pour vous l'offrir (car des moments comme ceux là, ça s'offre!). Mais le second (que dis-je, second, le deuxième!!! Il y en aura peut être d'autres!) est venu tout chambouler et il était IMPOSSIBLE que je passe ces évènements sous silence...
Dans la famille je te fais partager un GRAND moment d'intimité, je demande:
L'habitué
Pour vous situer le personnage, lui, il a tout. Tout de quelqu'un qui veut montrer qu'il est un grand. C'est un sous-directeur, en effet... Et dans sous-directeur, il y a sous, certes, mais il y a directeur... Et ça, il ne l'a pas oublié! Tout son bureau est composé d'attributs de pouvoir. Il est le seul (sauf le directeur suprême, the big boss!) a avoir un fauteuil en cuir à la Victor Newman. Pour la petite histoire, il a profité d'un changement de matériel pour récupérer les vieux fauteuils qu'avaient d'anciens directeurs. Et c'est dans ces moments là qu'on peut prendre L'habitué en pitié... Ensuite, son bureau est entouré de cinq lampes en bois et an acier, alors qu'il est dans un "aquarium" composé de trois baies vitrées et un mur, qu'il n'allume jamais, mais bon... Et pour achever la description de son bureau, il a une statuette, sur le coin du bureau, qui représente un totem ou un indien... Je n'ai pas bien réussi à voir...
Alors L'habitué, pour vous le décrire, il s'habille aussi comme un habitué. Depuis un mois que je travaille à ses côtés, je lui ai toujours vu le même tee shirt, le même pantalon et la même ceinture en cuir qui pendouille lamentablement de son pantalon alors que comme il a un gros ventre, il pourrait la serrer un peu moins et la caler plus aisément dans le passant de son treillis... Enfin, ça ne me regarde pas! Notez que je n'ai pas du tout envie d'envisager la possibilité qu'il soit sale.
Quand il arrive au bureau, il met ses chaussures de bureau (qui l'attendent dans un petit casier, derrière ces trois lampadaires). Ce sont des nu-pieds en cuir marron, qu'il met à la mi-saison sur des chaussettes. Ce sont ses chaussures de bureau. Parce que quand il part de chez lui et prend le métro (j'ai déjà fait cinq trajets de métro en sa compagnie, car nous sommes sur la meme ligne, et je compte bien feinter pour ne pas en faire un sixième...), il met ses chaussures de tous les jours qui sont... Des charentaises. L'habitué doit avoir entre 37 et 40 ans max... Et les charentaises, je ne plaisante pas, c'est vraiment des charentaises...
Et là, vous commencez à comprendre pourquoi je l'appelle L'habitué. Mais non, vous n'y êtes pas encore! Ce n'est pas tout!
Tous les jours, à 14h, L'habitué fait partie de ceux, qui traversent le couloir, d'un bon train, pour aller se brosser les dents. Et quand il marche, je vous le précise, on croirait voir les sept nains qui disent Hey Ho Hey Ho, on rentre du boulot!... Même pour aller à la photocopieuse. Je ne sais pas ce qui lui irait mieux: L'habitué ou L'imbécile heureux?! Je m'égare...
Donc, tous les jours, à 14h, il traverse le service et descend deux escaliers pour aller se brosser les dents.
Mais il ne prend pas sa trousse de toilette, comme les autres, pour aller faire son affaire. Non, lui, il a un autre rituel.
Il traverse tout le service et descend les escaliers LA BROSSE A LA MAIN DIRIGEE VERS LE CIEL, AVEC LE MORCEAU DE DENTIFRICE DEPOSE AU PREALABLE SUR LES POILS DE LA BROSSE.
Et ça... c'est un grand moment d'intimité.
La première fois, ça fait vraiment bizarre. On se sent voyeur, comme si on dérangeait de voir ce moment là.
La deuxième fois, on se dit mais c'est dégueulasse, il peut croiser quelqu'un lui foutre du dentifrice dessus, attraper des impuretés sur sa brosse à dents...
Et les fois d'après, c'est assez variable. Quand on a rien à faire, on le guette dans son bureau en attendant le moment où il va se lever, comme un ressort, sourire, parce qu'il est heureux (sous-directeur quand même...), ouvrir son casier, prendre la brosse, saisir le tube de dentifrice et déposer la substance rose, ni plus ni moins, sur la brosse. Et puis quand on a trop les nerfs, on cherche surtout à ne pas le voir car c'est un nouveau facteur d'exaspération. Surtout si en plus, on se retrouve dans la même rame de métro que lui sur le trajet du retour.
Le décomplexé
C'est un autre genre. Lui, il se brosse les dents, mais part avec sa trousse de toilette. Classe! En même temps, lui, c'est le big boss... Donc respect!
Vers 14h, un peu après L'habitué, on le voir passer, d'un pas cool et décontracté, brosse à dent in the pocket et go to the bathroom... Oh yeah!
Sauf que l'autre jour, alors que la conversation battait son plein dans mon petit open-space, il est passé devant nous en se dirigeant vers les toilettes, le regard agard, peu de temps après s'être brossé les dents, a désespéremment trouvé le magazine science et vie sur le bureau de mon faux basque et lui a demandé, négligemment, S' IL POUVAIT LE LUI EMPRUNTER DEUX MINUTES?
Et là, j'ai compris, le basque a aussi compris, parce que même s'il n'est pas basque, on ne le lui fait pas, et tous mes collègues ont compris! Un silence s'est imposé dans tout l'open-space et nos yeux se sont tournés vers le basque qui devait formuler une réponse. Et oui... Le big boss, devait être moyennement pressé (puisque il avait quand même besoin de science et vie) et attendait tout de même une réponse. Car Le décomplexé reste urbain, en toutes circonstances.
Moment de suspension et le basque a dit OUI. Le big boss s'en va, direction toilettes, et là... Gros gros gros fou rire pour tout le monde, sauf pour le basque qui accusait un peu le coup tout de même. Mais il est allé où??? Je crois qu'il avait du mal à se l'avouer. Les garçons n'ont pas été sympa avec lui, ils riaient beaucoup. Donc je me suis chargée du sale boulot, celui d'annoncer les mauvaises nouvelles. Et je lui ai dit, entre deux éclats de rire ben je crois qu'il a pris ton magazine pour aller aux toilettes...
Cinq minutes après, Le décomplexé est revenu et à déposé négligemment le magazine sur le bureau avec un Merci!
Le basque n'a plus retouché à son magazine...
Joséphine guette le jour où son boss se coupera les ongles des orteils au bureau!!
Vous vous souvenez des crados?
Une grande famille aussi. A l'époque, j'avais l'album panini presque complet. Et si je l'amenais au bureau?? Pour les toilettes!
08 octobre 2008
Les dégénérés du troisième
Un de mes films culte: "Le père noël est une ordure". Il n'y a rien à faire, je ne m'en lasserai jamais! Je connais toutes les répliques par coeur et je les ai tellement entendues que je peux les redire en imitant les comédiens.
"Et chaque fois qu'il y a un problème, c'est chez les dégénérés du cinquième!" , bougonne Martin Lamotte, réveillé par le coup de feu.
Et bien là où je bosse, on pourrait dire la même chose, mais pour le troisième. J'ai rarement vu une concentration aussi dense de cas dans un espace aussi réduit. Tous au troisième étage et que des hommes!
Evidemment, ils ne se ressemblent pas tous mais ils sont quand même tous un peu attaqués. Comme si des rayons venaient foudroyer cette étage, histoire de les rendre un peu plus bredins que ce qu'ils ne sont déja. Et je ne suis pas la seule à penser ça! A chaque venue d'un gars du troisième, mes collègues me disent poliment, après coup: il est gentil... Mais bon... un peu lourd...
Trois types de travailleurs zonent dans cet étage.
- Ceux qui s'occupent des ordinateurs ou de la reprographie, les plus sains d'esprit
Ils sont un peu à part. D'ailleurs, leurs bureaux sont un peu éloignés du reste des travailleurs du troisième. Cependant, ils ne sont quand même pas facile à approcher. J'ai sympathisé avec certains d'entre eux mais c'est à chaque fois un cinéma pour aller leur parler...
Vous, messieurs, vous n'avez pas de difficulté. Ils vous parle d'égal à égal. Mais nous, les femmes, ils faut voir comment ils nous parlent! Et je ne fais pas dans le cliché, c'est la stricte réalité!
Pour la faire courte, pour pouvoir dialoguer avec un type de la repro ou de l'informatique, il faut alterner entre avoir l'air méchant et avoir l'air con. Avoir l'air méchant parce que sinon, comme tu es une femme, il te prend pour la reine des quiches (et outre le fait que ça soit fort désagréable, en informatique, je m'y connais!) mais avoir quand même l'air con parce que sinon, comme tu es une femme, il est vexé. Pfff c'est bien compliqué... Ne pas se faire prendre pour une conne mais leur montrer, plus que de besoin (un peu comme quand tu passes le permis, bien montrer que tu contrôles l'angle mort), que tu as besoin d'eux et que c'est un peu tes sauveurs de la journée!
Mais une fois les premières semaines passées, si la mécanique est bien graissée, ça roule! Plus de problème. Et les gars de l'informatique et de la repro, c'est un peu le bol d'air frais du troisième!
Cela dit, vous avouerez que le processus d'approche est tout de même alambiqué!
- Ceux qui ont été et qui sont complètement illuminés
Eux, ils ont le look savant fou et l'on pourrait s'y tromper.
Ils ont vécu. Ils ont exercé d'autres profession, ont bossé dans d'autres boîtes... et ils ont toujours un truc à raconter!
Avec moi, ils se régalent. J'avoue être bon public. J'aime bien écouter les gens et leur poser des questions sur leur parcours... Jusqu'au jour où je me suis rendue compte que les savants fous du troisième étage avaient fait beaucoup de choses pour une seule et même personne!
A les écouter (il y en a au moins deux ou trois. Et ils se jalousent!), ils ont TOUT fait.
Le must, qui pourtant n'a pas du tout le look savant fou, et c'est pour ça qu'il trompe l'ennemi: Robert Lerjeté, alias Monsieur Pof pof pof pour les intimes (et oui, il séjourne désormais au cinquième car il a soit-disant porté plainte contre le troisième quand il y travaillait car il en était évidemment!!). Lui, il était comme ceux qui sont là-bas, en Afghanisatan SAUF QU IL ETAIT AU CENTRAFRIQUE. Mais biensûr... Et le Vietnam, non??!
- Les gros lourds, parce qu'au bout d'un moment, il n'y a plus d'autres mots!
Alors eux... Ca pourrait se passer de commentaires.
C'est le genre pauvre blaireau qui TROUVE LE MOYEN de te siffler quand tu montes dans l'ascenseur et que tu vas te retrouver le temps de trois étages seule avec lui. Tu le regardes comme s'il n'était pas fini, mais LUI, ça ne lui fait rien. Parce que siffler une nana dans la rue, c'est une chose, mais la siffler quand on est seul dans un lieu clos, ça ne sert strictement à rien!! Et ça, LUI, il ne l'a pas compris!
Ce que JE NE CONCOIS PAS, c'est qu'il ne soit pas gêné et mal à l'aise.
La situation est d'un RIDICULE: ce type vit un moment de pitié intégrale, j'essaie de ne pas trop le regarder tellement j'ai honte pour lui et ça ne lui fait rien!
Au contraire, il continue!
Tu appuies sur le bouton correspondant à ton étage, LUI, NON. Tu lui demandes où il va et il a le culot de te répondre qu'il est au troisième mais que peu importe, il a la journée. Résultat: TU APPUIES SUR LE BOUTON 3 EN ESPERANT Y ETRE DEJA, parce que, SUMMUM, il est tellement lourd qu'il ne dit pas un mot mais continue à te matter comme un porc, sans vergogne!
Et s'il dit un mot, c'est: "NOUVELLE???????????".
A savoir, le tachon en question ne parle pas, il HURLE, en toute circonstance, même dans un lieu clos et exigü comme un ascenseur à 9h du matin. Et HURLER "Vous êtes nouvelle?" au lieu de "NOUVELLE???" serait sûrement trop évolué pour lui et... trop long à entendre pour moi, tout compte fait...
Joséphine, résidente du quatrième et espère ne plus arriver en même temps que le dégénéré gueulard du troisième (le coup de l'ascenseur, ça fait deux matins. La deuxième fois, j'ai eu droit à "LA NOUVELLE!!!!" Du mieux? Je ne sais pas... )... PENSER AUX ESCALIERS!
29 septembre 2008
La grande malade...
... De la tête, oui!
Juste pour savoir si ça ne vous arrive jamais...
Ca commence, généralement, par une douleur au dessus de l'épaule gauche, au niveau des trapèzes. Une douleur lancinante qui vous fait souffrir depuis un jour déjà. Deux heures de route plus tard, cette douleur est plus diffuse, elle remonte jusqu'à la nuque, et toujours plus lancinante. C'est dimanche soir, vous rentrez de week end: crévé et un peu miné à l'idée du lundi, surtout si ce sur quoi vous travaillez ne vous passionne guère.
Lundi matin, toujours la douleur... Petit déjeuner, le rush du matin, métro et boulot!
9h, vous prenez place et vous vous replongez sur ce qui ne vous passionne guère...
9h40, la douleur persiste... et là, n'étant pas chez vous, en proie à l'ennui et en milieu hostile, TOUT est permis. Je dis bien TOUT!!
Vous pensez à votre bonne copine Lulu. Petit mail.
9h53: Hello Lulu, j'espère que tu as passé un bon we... Au boulot, ça ne s'arrange pas... Tu seras là vendredi pour l'apéro?
Avouez-le, quelque part, vous cherchez un soutien. Pas de réponse. Lulu ne doit pas être devant son ordi...
10h08: En plus, te fous pas de ma gueule, j'ai une tension depuis hier dans le cou et d'un côté seulement. Je crains la rupture d'anévrisme. C'est con, je sais, mais je flippe.
Vous aviez quand même besoin d'extérioriser cette peur et de le dire à quelqu'un... Toujours pas de réponse.
10h10: Ce qui me rassure, c'est que quand je masse, je sens un mieux. Mais quand même, je n'en mène pas large. Souviens toi de Thierry Gilardi... En plus, c'est pénible, comme je ne suis pas trop occupée, je n'arrête pas d'y penser.
Toujours pas de réponse.
10h17: En plus, là, je viens de bien appuyer dessus et ça m'a un peu paralysé le côté (le bras et la main) où j'ai mal. Pfff qu'est ce que j'aimerais ne pas avoir le temps d'y penser (parce que dans ce cas, on reste quand même lucide!). J'ai même l'impression d'avoir la moitié de la tête qui tourne (mais biensûr, le cerveau gauche, c'est ça!).
Pas de réponse... Parce que la Lulu, elle doit taffer, elle!
10h27: Ca y est, j'ai la tête qui tourne complètement là (est-ce des vertiges?) et je suis barbouillée (de là à dire que ça serait des nausées...). Là, vous êtes dans la phase où vous tentez, le plus PARTIELLEMENT du monde, de vous diagnostiquer. J'espère que ce n'est pas une tumeur... avec tout ce que je téléphone... Vivement midi, je déjeune avec Yolanda!
Tout à coup, un éclair de pensée:
10h28: Attends mais j'ai mal au bras gauche! C'est peut être le début d'un infarctus. Je flippe!!! Et je connais pas assez mes collègues d'openspace pour leur en parler (Oui, ben HEUREUSEMENT!!). J'ai trop peur, je sens que j'arrive moins bien à respirer, ça y est.
Résultat de la course auX boboS: quelqu'un m'a appelé, je ne me suis pas effondrée, j'ai répondu à sa question, j'ai dû aller dans un autre bureau... C'est passé!
Y a pas à dire... le travail, c'est la santé!
Joséphine, un peu hypocondriaque, mais vit surtout très mal l'inactivité. Et je vous rappelle que j'ai un collègue qui a été EVENTRE!!!!!!!!!! Pof, pof, pof... :-((
24 septembre 2008
Un collègue qui vous veut du bien
Mon docteur trouve que j'ai le syndrome du sapeur pompier.
Pas faux: sapeur pompier ou saint-bernard, chacun le dit comme il veut.
Les "cas" viennent spontanément à moi et je vais spontanément vers eux.
Même vers les moins détectables, parfois!
J'ai un radar à personnes en difficultés. Mais pas des difficultés "simples". Le degré de problèmes des personnes qui vont spontanément vers moi est généralement assez élevé.
Aujourd'hui, l'exemple est saisissant sur mon lieu de travail et jours après jours, je me dis... mais pourquoi moi... je dois être trop gentille. Les gens se sentent en confiance...
Je vais vous parler de cet homme, qui s'est confié à moi, vendredi matin et qui m'a pourri mon week end.
Je n'arrête pas de visualiser (malgré moi) tout ce qu'il m'a décrit et j'avoue que j'ai encore du mal...
Je vous en parle.
Son nom. Je ne vous livrerai pas son nom sur la toile. Je peux juste vous dire que son nom en dit déjà long. A croire qu'il y a des noms prédestinés. C'est un nom du genre: Robert Lerejetté... On l'appelera Robert.
Le dépeindre en quelques lignes: la cinquantaine, obèse, moustachu, tatoué (un coeur délavé et un tigre), qui sent mauvais quand il fait trop chaud dans les bureaux, raciste et macho (car il paraît qu'il fait des blagues à un autre collègue. Un des trois qui lui parle encore...), vêtu d'un treillis militaire et la veste assortie. Un poème...
Son travail: ouvrir les dossiers qui se trouvent aux archives, regarder si des papiers sont en double et dans le cas échéant, les jeter. C'est ça qui m'a attendri de prime abord. Me dire que ce mec était recalé à ce boulot, si peu passionnant. Et puis aussi de savoir qu'avant il résidait aux archives, c'est à dire dans un sous-sol sans fenêtre.
Notre rencontre? Trouvant mes collègues d'open space sympa, un vendredi matin, je suis arrivée avec des chouquettes. Il ne fait pas partie de mes collègues d'open space. Il est derrière une armoire (le pauvre...), derrière nous. Il nous jette un oeil terriblement noir de temps en temps (d'ailleurs au début il me faisait peur) mais ne parle pas et tout le monde le lui rend bien! Arrive le moment où je propose des chouquettes et là... parce que j'ai deux sous d'humanité, je franchis l'armoire pour lui en proposer. Fort surpris, j'irai même jusqu'à dire "ému", il en prend une... en me disant que ce n'est pas raisonnable et en me montrant son ventre. Le travail reprend et j'ai envie d'une autre chouquette. Ma gourmandise me perdra... Je fais un deuxième tour. Je franchis la "barrière" de l'armoire. Il me fait "non, non" en me montrant son ventre (son gros ventre bien tendu... Oh c'est atroce, vous comprendrez...!!!!). Et là... bien bête... (ça a dû être LA phrase de trop) je rajoute:
"Oh... c'est juste une chouquette..."
Quand j'y repense... Tout ça pour qu'il prenne une seconde chouquette alors qu'il l'aurait laissé, je m'en foutais!!!
Ca en aurait fait plus pour les autres!!!
NON, toujours à parlementer, à en rajouter... A croire que c'est un besoin chez moi!!! Je me déteste!!!
Du coup, j'ai tout su, pour une simple chouquette (qu'il n'a finalement pas prise!!)
Sa vie, son oeuvre:
(je vous la fais courte car ça a duré un quart d'heure et c'est parti dans tous les sens)
Il a du diabète, mais ce n'est pas de naissance,
Il a eu un grave accident de voiture en sortant du boulot: 7 mois de coma. Les médecins avait dit 5 ou 6 mois mais il est resté un mois de plus,
Il lui ont enlevé une partie du foie et du pancréas (d'où le diabète),
Quelques mois plus tard, il a fait une EVENTRATION. Et c'est là que ça me dégoute car il a fait le geste, sur son gros ventre tendu, comme s'il se déboutonnait une chemise avec des sons successifs: "pof pof pof..." ( Je n'arrête pas d'y penser, je suis HANTEE par le ."pof pof pof..." Car c'est le moment d'imaginer son bedon BEANT!!)
Normalement, il est d'un autre service, mais il a porté plainte, alors il est là, maintenant, et ça les fait tous bien chier (m'a-t-il dit... et je veux bien le croire, mais je n'ai pas demander le pourquoi du comment...)
A 10h25, il mange sa chocolatine, à cause du diabète,
Il se pique cinq fois par jour et il se casse à 16h15 (il me dit ça en faisant un gros bras d'honneur envers la direction). Comme ça il rentre se piquer chez lui,
Il fait plus jeune que son âge, mais il est bientôt à la retraite
Parce que lui, il était comme les soldats, là-bas, en Afghanistan... Sauf que lui, ils l'avaient envoyé au Centre Afrique,
Le TOUT, évidemment, sans que j'ai eu, A UN SEUL MOMENT, besoin de le relancer. Et c'est cela le plus triste...
Puis j'ai mis un terme, en faisant un léger pas vers l'arrière, que je tentais depuis un bon moment et en ponctuant par un "Finalement, Robert, c'est une chance que vous soyez là! Allez!!"
Joséphine part se coucher mais pense depuis vendredi, tous les soirs que Dieu fait, à... "pof pof pof"!!!!!
16 septembre 2008
D'humeur champêtre
Une bonne philosophie de vie serait de prendre ce qu'il y a de bon sans se soucier du mauvais.
Voir le côté positif de chaque situation et en tirer profit.
Ne pas être en lutte, accepter ou plutôt s'adapter. Pas mauvais comme way of life... Pas toujours évident à appliquer.
Actuellement, mes préoccupations sont surtout professionnelles. M'adapter à un nouvel environnement, à un nouveau mode fonctionnement et à un nouveau vocabulaire. Et c'est précisément sur ce dernier POINT (ça y est... ça vient!!... Lisez un peu plus et vous comprendrez!) que je souhaite m'attarder.
Cependant, avant toutes choses, des news des épiphénomènes dont je vous avais fait part dans de précédentes aventures...
L'ordre du jour: Il est toujours bien présent mais en tant que stagiaire je n'y suis pas confrontée. C'était juste la première semaine, sûrement à cause de la rentrée... Mais tous les POINTS dont il est question dans ces fameux ordres du jour... Je n'en suis pas épargnée! (J'y reviendrai)
Le mug: Bon, fini les questions je vais le laver ou je ne vais pas le laver??? Mais eux??? Ils ne le lavent pas??? La nécessité fait loi: si je ne lave pas mon mug tous les matins mon café a un goût dégueu. Et puis je suis beaucoup plus à l'aise avec mes voisins d'open spaces. On rigole bien. On commence même à faire les langues de putes... Alors plus d'hésitation pour aller laver le mug du café!
Le look: soit je ne m'en rends plus compte, soit ils s'y sont fait... Et puis on m'a dit que j'étais "avenante" alors ils ont dû s'y faire!
Mais aujourd'hui, j'aimerais m'entretenir avec vous au sujet d'un épiphénomène que j'avais sous-estimé.
Le vocabulaire, le langage.
Je vous ôte de tous doutes: ils parlent tous français et il ne s'agit pas d'un langage particulièrement soutenu ou élevé.
Non.
Je vous parle simplement d'une façon de parler, de s'exprimer, de comprendre les choses, de les visualiser et de les exprimer. Les retranscrire: le passage entre l'intellectuel, le cérébral, et l'oralité.
Cet épiphénomène, fort curieux, ne concerne que mon boss (c'est à dire la personne avec qui j'ai le plus à échanger... pratique hein??).
Je vous explique: il ne parle qu'en images, de préférences géométriques.
Un sujet est un POINT. Une réunion est un POINT (Le même?? Je ne pense pas...). Quand je souhaite lui poser une question, il me dit qu' on fait un POINT rapide mais que par la suite on fera un POINT sur ces POINTS... (J'ai raconté ça à ma copine Lucille qui s'est régalé de m'envoyer un mail, dans la journée, intitulé des petits points, des petits points, toujours des petits points...)
L'autre jour, on fait un POINT. Et il m'explique ce qu'il attend de moi: les POINTS sur lesquels il a de réelles attentes (c'est pas un gag, croyez-moi, je vous assure que ce sont ses termes!!).
La conclusion est la suivante: je dois balayer le CHAMP des possibles.
Voilà pourquoi depuis quelques jours, je m'obstine à arriver le matin soit avec une fleur dans les cheveux, soit avec un balai, soit avec des épis de blé... Cela dit, hier, il m'a expliqué que ma situation était réellement en CHANTIER... Et un casque de chantier... c'est pas très glam' et en plus je n'en ai pas trouvé!
Du coup, j'ai décidé de m'adapter d'une autre façon.
Au lieu de tout miser sur l'apparence (c'est mal!) j'ai opté pour le langage (moi aussi)!
Je suis allée le voir et je lui ai dit que je souhaitais faire LE POINT (Remarquez tout de même la nuance entre LE POINT et UN POINT...)
Il m'a dit OK. Comme quoi, ça marche!!
J'arrive dans son bureau et là, je lui dis (OUI, j'ai osé!!!!!!!!!):
Bon, faut vraiment faire LE POINT parce que là... je tourne en ROND!
Et là, sésame ouvre-toi, il a écarquillé rond les yeux et il m'a comprise! J'ai senti qu'on était ENFIN connecté. J'ai saisi l'opportunité, je ne lui ai pas laissé en placer une et j'ai exposé mes idées. Je m'arrête. Il me regarde, il m'a écouté. Heureuse, soulagée. J'attends son retour.
Je comprends, oui, j'entends bien ce que tu me dis Joséphine... En fait, tu es sur un PALIER.
Et là, j'ai craqué.
J'ai dit: Oui, je STAGNE!!!!
Joséphine... ne compte pas renoncer, continue à balayer le champ des possibles mais va quand même essayer les CARRES!


